jeudi 12 avril 2012

Mission tortue 2012

Et voilà c'est reparti pour les missions tortues (la première a eu lieu pendant mes congés). Les trois derniers jours je suis partie faire du repérage avant l'arrivée des renforts la semaine prochaine. il y avait un nouveau secteur de ponte à étudier : une plage accessible par voie nautique ou pédestre (4km de layon en forêt). Cette plage donne sur le St Laurent et les amérindiens de Galibi (au Surinam) l'affectionne particulièrement pour les pillages. La différence avec les autres : ici ce ne sont pas les chiens qui mangent les oeufs de tortues mais le jaguar qui croque directement les adultes ! J'aimerais bien réussir la photo que tout le monde attend : un jaguar dévorant une tortue luth !

En attendant celle-là en voici quelques unes prises pendant ces quelques jours ... pour vous montrer que ce ne sont pas les vacances tous les jours quand je bosse :-)

Un jacamar vert mâle (Galbula galbula) pris lors d'une pause aux Pripri de Yiyi en allant sur Mana pour ma mission, c'est un oiseau emblématique du site, que j'avais déjà photographié (voire mis sur ce blog) mais dont les couleurs ne ressortaient pas aussi bien que sur celle-là. Je l'ai observé un moment entrain de "chasser", une prouesse de rapidité et d'agilité !


Vous voyez que je bosse, même que je ne faisais (presque) pas semblant. Photo prise sur la plage de Panato, après 4 km de marche en forêt sous des trombes d'eau et avec une invasion de moustiques.


Un géocoucou tacheté (Tapera naevia) entrain de faire ses vocalises. Cet oiseau (un peu comme le coucou gris d'Europe) ne construit pas de nid et ne s'occupe pas de l'élevage de ses oisillons. Elle ponde leurs oeufs dans des nids de synallaxes, petits passereaux d'ici. Bien que deux fois plus grosse que ses victimes, la femelle pond des oeufs pratiquement de même taille et aussi de même couleur que ces dernières. Le jeune géocoucou nait quelques jours avant les jeunes synallaxes, il a donc le temps de prendre des forces avant l'apparition des autres oisillons. Contrairement au Coucou gris, il n'a pas la possibilité de faire passer tous les oeurfs du nid par dessus bord. En revanche, son bec ciselé lui sert de paire de tenailles pour blesser et tuer les autres jeunes que les parents emportent ensuite loin du nid. Le jeune géocoucou a gagné : il garde ses parents d'adoption contrainte pour lui tout seul !


Un pic de Cayenne (à confirmer) Colaptes punctigula en plein repas. Une observation courte (car mes collègues avaient décidé de se la jouer rapide sur la marche) mais super !

Passage obligé, à l'aller comme au retour, une zone très très humide ... regardez sur la photo on voit mes collègues en fin de traversée ... avec de l'eau jusqu'aux cuisses (pour moi c'était le haut des cuisses !). Surtout : ne pas tomber ... ça aurait été trop la honte, et avec l'appareil en main, l'idée n'aurait pas été terrible !

Une conure cuivrée entrain de finir les fruits de je ne sais quel palmier (bon en végétaux je suis vraiment minable, désolée !). Les conures se différencient des autres petits psittacidés pour leur longue queue pointue (et oui faut-il encore la voir !) ... je sais donc maintenant que tous les petits psittacidés (heu oui pour les non connaisseurs pardon : en gros tous les perroquets, perruches) qui passent souvent devant chez moi ne sont pas des conures !

Un serpent chasseur caché dans la végétation à côté de la maison de la réserve d'Awala. Une chance de l'avoir vu. Je n'ai eu le temps de faire que deux photos et il avait disparu, je ne sais où ... et ça fait pas du bien quand ça mord (même si ça n'a pas de venin). Je me suis donc sauvée rapidement et j'ai laissé le chasseur chassé sans Fanny.

Bon mes excuses pour la dernière photo qui gache un peu tout. Mais après vous allez croire que j'ai la belle vie ici, à photographier des piafs et des serpents pendant les missions, à nager dans les eaux marrons de Guyane, à donner mon sang aux moustiques, à me planter des épines d'Awara dans les mollets ... Voilà les inconvénients de toute l'eau accumulée dans mes chaussures dès les premières centaines de mètres du layon : deux magnifiques ampoules que j'ai commencé à sentir très tôt pendant la marche. J'ai donc serrer des dents pendant presque 10km et ai attendu le retour au campement pour voir les dégâts... ce qui me fait le plus peur c'est que dès lundi j'y retourne 5 jours d'affilée.

Ca pourrait pas être réel s'il n'y avait que du positif ! Vive le terrain.

2 commentaires:

  1. y'a des bestioles bizarres quand même en guyane, cette espèce d'humanidé aux talons rouges notamment...

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  2. Je me demande vraiment si Fanny tient à avoir des visites!!
    Perrine, tu veux quand même essayer?

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